Page:Goethe-Nerval - Faust 1828.djvu/16

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Cette voix qu’ils aimaient résonne plus touchante,
Mais elle ne peut plus pénétrer jusqu’aux morts ;
J’ai perdu d’amitié l’oreille bienveillante,
Et mon premier orgueil, et mes premiers accords !
Mes chants ont beau parler à la foule inconnue,
Ses applaudissemens ne me sont qu’un vain bruit,
Et sur moi, si la joie est parfois descendue,
Elle semblait errer sur un monde détruit.

Un désir oublié, qui pourtant veut renaître,
Vient dans sa longue paix secouer mon esprit ;
Mais, inarticulés, mes nouveaux chants peut-être
Ne sont que ceux d’un luth où la bise frémit.
Ah ! je sens un frisson : par de nouvelles larmes,
Le trouble de mon cœur soudain s’est adouci ;
De mes jours d’autrefois renaissent tous les charmes,
Et ce qui disparut pour moi revit ici.