Page:Goethe-Nerval - Faust 1828.djvu/6

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OBSERVATIONS.




Voici une troisième traduction de Faust ; et ce qu’il y a de certain, c’est qu’aucune des trois ne pourra faire dire : Faust est traduit ! Non que je veuille jeter quelque défaveur sur le travail de mes prédécesseurs, afin de mieux cacher la faiblesse du mien, mais parce que je regarde comme impossible une traduction satisfaisante de cet étonnant ouvrage. Peut-être quelqu’un de nos grands poètes pourrait-il, par le charme d’une version poétique, en donner une idée, mais, comme il est probable qu’aucun d’eux n’astreindrait son talent aux difficultés d’une entreprise qui ne rapporterait pas autant de gloire qu’elle coûterait de peine, il faudra bien que ceux qui n’ont pas le bonheur de pouvoir lire l’original se contentent de ce que notre zèle peut leur offrir. C’est néanmoins peut-être une imprudence que de présenter ma traduction après celles de MM. de Saint-Aulaire et A. Stapfer. Mais comme ces dernières font partie de collections chères et volumineuses, j’ai cru rendre service au public en en faisant paraître une séparée.

Il était d’ailleurs difficile de saisir un moment plus favorable pour cette publication ; Faust va être représenté successivement sur tous les théâtres de Paris, et il sera curieux sans doute pour ceux qui en verront la représentation de consulter en même tems le chef-d’œuvre allemand, d’autant plus que