Page:Goldenweiser - Le Crime comme peine, la peine comme crime.djvu/66

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sénat se permettait de casser les arrêts des tribunaux en se basant sur son point de vue concernant l’équité des arrêts mêmes, ne parlant pas déjà de ce que le sénat perdrait tout point d’appui et risquerait plutôt d’enfreindre la vérité que de la rétablir, les arrêts du jury perdraient toute signification.

— Je ne sais qu’une chose, c’est que cette femme est complètement innocente et que le dernier espoir de la sauver d’un châtiment immérité est perdu. Une instance suprême a confirmé une iniquité accomplie ».

Quand le beau-frère de Nekludoff, Rogojinski, représentant des plus orthodoxes de la magistrature, le renvoie de nouveau à la fameuse substance de l’affaire, il se sent envahir par une véritable irritation.

Le ton assuré de son beau-frère ne pouvait agir autrement sur Nekludoff, cherchant une solution à l’ordre existant et non sa simple constatation.

— Le sénat a rejeté le pourvoi.

— S’il l’a rejeté c’est qu’il n’y avait pas de raisons suffisantes à la cassation dit Ignace Nikiforovitch, partageant évidemment l’opinion admise que la vérité est le produit de la procédure. « Le sénat ne peut examiner l’affaire en substance ».

Dans l’antiquité, les procès se vidaient par des duels entre des parties adverses, ou même entre des combattants engagés par elles qui n’avaient qu’à suivre exactement le cérémonial sérieuse-