Page:Goncourt - Journal, t5, 1891.djvu/22

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reconnaîtra que mon désir, mon ambition a été de faire vrais, les hommes que je portraiturais, et que pour rien au monde, je n’aurais voulu leur prêter des paroles qu’ils n’auraient pas dites.

— Vos souvenirs étaient sans doute très frais, quand vous les écriviez.

— Oh le soir même, en rentrant, ou au plus tard, le lendemain matin. Il n’y a aucun danger de confusion sous ce rapport.

— Je fis remarquer à M. de Goncourt que l’humeur de M. Renan ne provenait pas seulement de la prétendue infidélité du phonographe, mais aussi de ce qu’il se soit permis de dévider ses confidences.

— Oui, je sais, me dit M. de Goncourt, M. Renan me traite de « monsieur indiscret ». J’accepte le reproche, et n’en ai nulle honte, mes indiscrétions n’étant pas des divulgations de la vie privée, mais tout bonnement des divulgations de la pensée, des idées de mes contemporains : des documents pour l’histoire intellectuelle du siècle.

« Oui, je le répète, insista M. de Goncourt,