Page:Goncourt - Journal, t5, 1891.djvu/62

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X…, du SIÈCLE, a reculé les limites de la canaillerie. Un de ses coreligionnaires me racontait, qu’il avait inventé d’emprunter à ses amis, de l’argent à 5 p. 100, qu’il plaçait à fonds perdu. A sa mort ses amis ont tout perdu.

Dimanche 21 avril. — Si je fais jamais quelque chose sur la vie élégante du second Empire, il est de toute nécessité, de donner une place au thé de quatre heures, — au thé, à l’instar des thés de l’Impératrice, à Fontainebleau, à Compiègne.

Dans ces thés de quatre heures, avaient lieu les conciliabules des grandes coquettes, les assises des reines de la mode. C’était dans ces thés, que l’amant en titre prenait langue avec sa maîtresse, qu’on concertait les rendez-vous, qu’on passait en revue les scandales, qu’on minutait la correspondance, qu’on dressait le plan de la soirée.

Mardi 23 avril. — Arsène Houssaye racontait, ce soir, qu’en 1848 Hetzel s’étant transporté avec Lamartine, au ministère des affaires étrangères, mit la main sur le portefeuille, dans la pensée qu’il contenait le secret des secrets de la politique européenne. Il y trouva des adresses de filles et des lettres de lorettes.