Page:Goncourt - Journal, t9, 1896.djvu/283

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l’école de Kano, la peinture sévère des philosophes, des ascètes, pour peindre des courtisanes, et qui nous fait voir une Japonaise, venant d’attacher une pièce de poésie à un cerisier en fleurs. L’autre, non signé, un dessin influencé par l’art chinois, une étude d’une princesse dans son intérieur, et que Hayashi attribue à Yukinobou.

Quelques bibelots, au sertissement de matières colorées, translucides, en cette fabrication, habituelle à l’article de l’Empire du Lever du Soleil, sont accrochés au mur. C’est un porte-éventail, une longue planchette d’un bois joliment veiné, sur lequel court en relief une plante grimpante, aux feuilles découpées dans de la nacre, de l’écaille, dans une pierre bleuâtre semblable à la turquoise ; c’est un rouleau (pour dépêches) de trois pieds de hauteur, sur lequel serpente une tige de coloquinte aux gourdes vertes, et dont le haut et le bas ont l’entour d’une large bande burgautée.

Sur une petite étagère de bois de fer se trouve l’assemblage d’originaux objets d’art : un petit bronze, formé d’une feuille de nénuphar, toute recroquevillée, et après laquelle monte un crabe : un bronze d’une patine sombrement mordorée, admirable ; — une petite caisse, dont les lamelles, formant des jours d’un dessin géométriquement différent, sont plaquées du plus beau bois jaune satiné, et sur lesquelles des chrysanthèmes de nacre se détachent d’un feuillage en ivoire colorié ; — une feuille de lotus, qu’enguirlande la liane de sa tige