Page:Gossuin - L’Image du monde, édition Prior, 1913.djvu/40

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car, nous le savons, ce sont les Bénédictins qui, au XIIIe siècle, ont surtout aidé à faire connaître Aristote.


Ch. II. — Dieu a créé le monde par charité pour que d’autres aient part à ses biens. Efforçons-nous donc de les mériter : Il nous en a donné le pouvoir.

Le passage suivant de saint Augustin offre une frappante ressemblance avec ce chapitre : « Sciendum est ergo rerum creatarum, cœlestium et terrestrium, visibilium et invisibilium, causam non esse nisi bonitatem Creatoris, qui est Deus unus et verus ; cujus tanta est bonitas, quod alios suæ beatitudinis qua æternaliter beatus est, velit esse participes [1]


Ch. III. — De même pour le chapitre 3, nous trouvons dans saint Augustin : « Non propterea est Dei imago in mente, quia sui meminit et diligit se, sed quia potest etiam meminisse, intelligere et amare Deum, a quo facta est [2]. »

Voici le résumé du texte de Gossouin : Dieu a fait l’homme à Son image et l’a fait maître de toute la création. Il lui adonné l’intelligence pour qu’il se souvienne de ses bienfaits et qu’il puisse prendre part à sa joie. L’homme qui fait le bien est supérieur même aux anges.


Ch. IV. — C’est encore un ouvrage de l’évêque d’Hippone qui a servi de base au chapitre sur le libre arbitre [3].

Dieu a donné à l’homme le pouvoir de faire le bien ou le mal. Si l’homme ne pouvait pécher, il n’aurait aucun mérite, car il ne devrait pas sa vertu à lui-même. Les anges qui ne peuvent pas pécher ne sont pas récompensés comme nous. Dieu a voulu que nous pussions mériter d’aussi grands biens que Lui-même : c’est pourquoi Il nous a donné la raison et le bon sens. L’homme qui s’imagine rendre un service à Dieu en ne péchant pas doit être fou, car, si le monde n’existait pas, Dieu n’en souffrirait nullement.


Ch. V. — Dans les anciens temps, les hommes voulaient trouver la raison des choses. Ils cherchaient à découvrir les secrets du firmament, et ils ne pensaient pas seulement à leur nourriture, comme de nos jours. Ils s’efforçaient d’apprendre les sciences qui devaient leur donner la connaissance de Dieu. Pour y parvenir, ils étudiaient Ses œuvres, « car à ses œuvres on connaît l’ouvrier ». Ils souffraient toutes les persécutions par amour de la vérité, comme les saints souffraient le martyre par amour de Jésus.

Par leur science certains philosophes purent annoncer la venue du Christ, entre autres Virgile.

  1. Saint Augustin, Liber de diligendo Deo (Migne, Patrologia, t. 40) ch. II.
  2. Saint Augustin, De Trinitate (Migne, Patrologia, t. XLII, col. 1048). lib. 14, ch. XII.
  3. Saint Augustin, De libero arbitrio (Migne, Patrologia, t. XXXII, col. 1221), II, ch. I.