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L’ESCLAVAGE DES NOIRS,

SOPHIE.

Le ſupplice !


VALÈRE.

Quel crime avez-vous commis l’un & l'autre ? Ah ! je le vois ; vous êtes trop inſtruit pour un eſclave, & votre éducation a ſans doute coûté cher à celui qui vous l’a donnée.


ZAMOR.

Monſieur, n’ayez point ſur moi les préjugés de vos ſemblables. J’avois un Maître qui m’étoit cher ; j’aurois ſacrifié ma vie pour prolonger ſes jours ; mais ſon Intendant étoit un monſtre dont j'ai purgé la terre. Il aima Mirza ; mais ſon amour fut mépriſé. Il apprit qu’elle me préféroit, & dans ſa fureur il me fit éprouver des traitemens affreux ; mais le plus terrible fut d'exiger de moi que je devinſſe l’inſtrument de ſa vengeance contre ma chère Mirza. Je rejettai avec horreur une pareille commiſſion. Irrité de ma déſobéiſſance, il courut ſur moi l'épée nue ; j'évitai le coup qu'il vouloit me porter ; je le déſarmai, & il tomba mort à mes pieds. Je n'eus que le tems d'enlever Mirza & de fuir avec elle dans une chaloupe.


SOPHIE.

Que je le plains, ce malheureux ! Quoiqu’il ait commis un meurtre, ſon meurtre me paroit digne de grace.