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LA CONFIANCE

13 décembre 1914.

Il y a longtemps que je l’ai dit pour la première fois : la vie est un acte de confiance. Il faut, pour vivre, avoir confiance dans sa santé, dans sa fortune, dans son travail, dans sa femme, dans ses amis. Quand une de ces sources de confiance est atteinte, la vie est endommagée ; quand toutes ont fléchi, la vie est impossible. Confiance n’est pas certitude. Il n’y a pas de certitude pour les activités qui se développent dans l’avenir, il y en a à peine pour les actes présents, mais la confiance est précisément le sentiment qui joue le rôle que la certitude assume dans la région intellectuelle. Ce n’est qu’un sentiment. Comme tel, il est purement subjectif, attaché à un individu ou à un groupe. Il est conservateur de cet être, ou de ce groupe d’êtres. Il n’est pas créateur, quoique sans lui la création soit impossible. Il ne détermine pas les résultats, mais sans lui les résultats ne pourraient être déterminés. C’est un des chapitres les plus curieux de la psychologie mêlée de