Page:Gourmont - Une nuit au Luxembourg, 1906.djvu/124

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n’arrive qui ne soit la conséquence logique et nécessaire des mouvements antérieurs de la matière éternelle. Nous sommes des vaisseaux fatalement emportés par les vents et par les courants vers un but inconnu ; mais autre chose est de descendre le fleuve invincible en gouvernant parmi les écueils, autre chose est de tournoyer à la dérive. La pensée est un gouvernail qu’il ne faut jamais lâcher ni jamais remettre en mains indignes.

Mais ces idées-là sont bien générales et ne peuvent guère, je crois, nous apporter un grand réconfort. Me voici pareil aux prêcheurs apocalyptiques qui remplacent le raisonnement par des prosopopées. Je ne suis pas venu vers vous pour vous offrir des modèles d’éloquence ou de piquantes énigmes. Si je fais encore un effort en faveur des hommes, je veux qu’il soit net et clair. Mais, hélas ! il