Page:Gourmont - Une nuit au Luxembourg, 1906.djvu/175

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


tanier qui nous environnait. Le vrai matin venait de naître, un matin d’hiver clair et froid. Je voulus cueillir une rose, elles disparurent comme j’allongeais la main. Élise prit mon bras et se serra contre moi.

ÉLISE

J’ai froid.

Je doutai de sa divinité, je doutai de moi-même, de la nuit enchantée et lumineuse que je venais de vivre. Les derniers propos de mon maître troublaient la certitude qu’il avait d’abord établie dans mon esprit. Je redevenais un homme, moi qui m’étais cru un dieu !

LUI

Voilà l’effet du doute. Vous ne croyez donc plus en moi ?