Page:Gourmont - Une nuit au Luxembourg, 1906.djvu/187

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LUI

Je reviendrai te chercher. Adieu donc, mon ami, et, cette fois, vraiment adieu. Tu cherchais la vérité et tu as trouvé l’amour. Adieu.

Élise m’entraînait. Vers la porte, je me retournai. Mon maître avait disparu.

Cette séparation, à laquelle je m’attendais, ne me causa qu’un chagrin bref. Je tenais Élise par la main, je tenais une certitude.

Nous allions maintenant, silencieux, le long de la rue déserte. La joie qui emplissait mon cœur éclairait le ciel, les arbres, les maisons et tout le reste.

Bientôt, comme le premier couple venu, après une promenade matinale, nous rentrâmes chez nous. Élise, à aucun moment, n’eut l’air d’une étrangère.