Page:Gourmont - Une nuit au Luxembourg, 1906.djvu/195

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que d’anciennes indiscrétions avaient renseigné jadis quelque poète asiatique. L’esprit populaire, ami des confusions, plaça au début de notre monde un état paradisiaque qui est parallèle à notre monde et d’ailleurs fermé aux hommes. Les Grecs, avec leurs aventures des dieux parmi nous, ont deviné aussi un peu de la vérité qui venait de m’être révélée en ces deux nuits mythologiques. Je compris que les hommes n’inventent pas, mais qu’ils se souviennent. Comme je me réjouissais de participer à ces mystères ! Quels moments ! et comment en exprimer le parfum, comment en peindre l’éclat et la beauté ?

Je continuerai tous les matins à tenir le journal de mon bonheur sensible et de mes satisfactions intellectuelles. Amant d’une immortelle, je vois devant mon désir, jadis