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SOLUTION — SOMAIZE

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solubilité d’un sel est diminuée quand l’eau contient déjà en dissolution un sel de même acide ou de même base ; c’est souvent le contraire qui se produit quand les deux sels n’ont aucun générateur commun, mais, dans ce cas, le phénomène de la dissolution se complique d’une double décomposition entre les deux sels, et la solution contient alors un mélange de quatre sels. La solubilité d’un corps augmente en général avec la température (V. Solubilité), en même temps, le phénomène de la dissolution se produit avec absorption de chaleur ; plus rarement la solubilité diminue avec la température, et alors la chaleur de dissolution est positive. Une solution saturée soumise au refroidissement n’abandonne pas toujours une partie du corps dissous, alors que la solubilité diminue avec la température. La solution est alors dans un état instable, et on dit qu’elle est sursaturée (V. Sursaturation), mais il est facile de faire cesser cette sursaturation. Toute substance dissoute dans un dissolvant abaisse le point de fusion de ce dissolvant. Blagden a démontré en 1788 que l’abaissement du point de congélation des solutions aqueuses est proportionnel à la quantité de matière dissoute dans le cas des dissolutions étendues. Pour les dissolutions renfermant des hydrates stables, il [faut faire venir l’eau d’hydratation comme faisant partie du corps dissous ; si l’hydrate est dissocié dans l’eau, il faut tenir compte de la partie dissociée et de la partie non dissociée. L’étude du point de congélation permet donc d’étudier la dissociation des hydrates dans l’eau. Si plusieurs corps sans action chimique les uns sur les autres forment une dissolution étendue, l’abaissement mesuré est la somme des abaissements relatifs à chacun des corps dissous supposé seul. Dans le cas où les corps (des sels par exemple en solution aqueuse) éprouvent une double décomposition, on pourra par l’étude du point de congélation de la solution connaitre l’état des sels dans la solution si on connaît le nombre relatif à chacun des corps pouvant prendre naissance dans la réaction. Mais la propriété la plus évidente a été mise en évidence par Raoult. Ce savant a démontré que les solutions de matières organiques dans les dissolvants organiques présentent des abaissements qui ne dépendent, pour un même dissolvant, que de la grandeur de la masse moléculaire du corps dissous et de la concentration. De là un moyen très précieux pour déterminer la masse moléculaire des corps. Enfin l’abaissement du point de congélation est également indépendant de la nature et du rapport des éléments constituants du dissolvant ; il dépend seulement de sa masse moléculaire. Cet abaissement est de 0°,6’2 par molécule dissoute dans 100 molécules du dissolvant.

Dans le cas des solutions aqueuses salines, le phénomène est plus complexe, mais on peut se rendre compte de l’abaissement réalisé en admettant que les sels sont décomposés en solution aqueuse dans les deux radicaux électropositif et électronégatif constitutifs du sel et en calculant l’abaissement correspondant à chacun d’eux. La tension maxima d’un liquide à une certaine température est abaissée quand on fait entrer un corps en solution. L’abaissement de cette tension satisfait aux mêmes lois que l’abaissement du point de congélation. Enfin, on trouve des relations semblables avec les élévations des points d’ébullition sur une même pression, conséquence des abaissements des tensions maxima. La théorie de la décomposition des électrolytes en ions dans leurs solutions a permis d’expliquer, dans une certaine mesure, la plupart des propriétés des dissolutions. C. M. II. Pharmacie (V. Dissolution).

SOLUTRÉ (Sulistriacus, Solestriacus). Corn, du dép. de Saone-et-Loire, arr. etcant. (N.) deMàcon ; 518 hab. Carrières de marbre aujourd’hui abandonnées. Au hameau de Pouilly, vins blancs renommés. La roche qui domine le village et qui abrite une station préhistorique bien connue était couronnée à l’époque romaine par un castrum et au moyen âge par un donjon qui a été rasé en 1 i35 et dont il reste peu de traces. Eglise romane (xn c siècle). C’est entre les habitations du village et l’escarpement de la montagne, au pied de la Roche, que se trouve la station préhistorique qui a donné son nom à toute une industrie de l’âge de la pierre. Cette industrie correspond à plusieurs époques, mais surtout à celle du renne, et elle est caractérisée par la pointe en feuille de laurier, fine et mince, taillée avec beaucoup de soin, avec un certain art même, en silex et quelquefois en cristal de roche. On a trouvé dans cette station un mélange de sépultures préhistoriques, gallo-romaines et burgondes. Un y rencontre tant d’ossements d’animaux que le lieu est dit le Crot du Chantier. Ceux de cheval surtout y sont extraordinairement abondants ; ils forment, à eux seuls, une couche de près de 3.800 m. q. qui atteint, en certains endroits, plus de 2 m. d’épaisseur. Aussi a-t-on pu estimer qu’on s’y trouve en présence des débris de 30.000 à iO.000 chevaux. Lex.

Bibl. : A. Arcelin, Histoire du château de la Roche <l<-Solutré, dans A nnales de l’Académie deMàcon ; Màcon, 1880, 2’ série, t. II, in-8. - H. de Ferry et A. Arcelin, le Maçonnais préldstorique ; Màcon et Paris, 1870, in-4.

— Abbé Ducrost et D r Lortet, Etudes sur la station préhistorique de Solutré, dans Archives du Muséum de Lyon ; Lyon, 1872, t. I, in-4. — A. Arcelin, tes Nouvelles Fouilles de Solutré, dans l’Anthropologie, 18 ( J0, t. I, in-8. SOLUTRÉEN (Géol.) (V. Quaternaire).

SOLVEOL (Chim. industr.) (V. Phénol).

SOLWAY (Golfe de) (V. Grande-Bretagne, t. XIX. p. 154-55).

SONIA (Myth. ind.). Ce nom désigne d’abord la plante et le jus fermenté de YAsclepias acida, qui était le principal ingrédient des sacrifices védiques, puis le dieu qui en personnifiait les vertus enivrantes. Celui-ci finit par être identifié avec la lune, nourriture toujours renaissante des dieux. Ce nom revient presque à chaque page des Védas. Dans les pourdnas, il est considéré comme né du richi Atri ou de l’Océan. Les vingt-sept filles de Dakcha, qui sont les vingt-sept astérismes lunaires, deviennent ses épouses. 11 aurait encore enlevé Tara, femme de Brihaspati, et aurait eu d’elle un fils nommé Boudha qui fut le fondateur de la dynastie lunaire de l’Inde. Son char, à trois roues, est attelé de dix chevaux blancs.

SOMAIN. Coin, du dép. du Nord, arr. de Douai, cant. de Marchiennes ; 6.042 hab. Stat. du chem. de fer du Nord. Exploit, de houille ; distillerie de goudrons : verreries, sucreries, raffineries.

SOMAIRE (La). Rivière du dép. de VOrne (V. ce mot, t. XXV, p. 593).

SOMAIZE (Baideau, sieur de), littérateur français du xvn e siècle, né et mort à des dates inconnues. On ignore tout de sa vie jusqu’en 1657, époque de ses débuts dans la littérature par une attaque assez vive contre Boisrobert : Remarques sur la Théodore. Boisrobert se fâcha et menaça son critique de lui répondre à coups de bâton. Celui-ci se le tint pour dit. Mais en 1659 la représentation des Précieuses lui donna occasion de s’en prendre à Molière. Il accoucha d’une comédie, les Véritables précieuses, où il accumula les plus basses injures. Bien mieux, il mit en vente les Précieuses ridicules, ou il versifie purement et simplement la comédie célèbre. Molière cria au plagiat, et Somaize eut le cynisme de répliquer que c’était lui-même qui avait été volé. Il publia ensuite : le Procès des précieuses (1660), comédie en vers burlesques ; la Pompe funèbre de M. Scarron (1660), oii il tourne en ridicule, avec Scarron, tous les littérateurs du temps et qui lui valut d’ailleurs une réponse virulente et bien méritée d’un anonyme dans le Songe du rêveur. Mais les deux principaux ouvrages de Somaize devaient être son Dictionnaire des précieuses, ou la Clé du langage des ruelles (1660) et son Grand dictionnaire historique des précieuses (1661). Le premier est un très mince vocabulaire des termes précieux, qui est presque entièrement tiré des Précieuses ridicules