Page:Grave - Les Aventures de Nono.djvu/162

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l’ayant, par mégarde, changée de bout, ce fut un horrible spectacle qu’il vit.

Il eut à peine le temps de distinguer des rues sales, tortueuses, des maisons comme des casernes, aux logis sordides, habités par une population misérable, loqueteuse, aux figures souffrantes, occupée à des besognes qu'il n’eut pas le temps de distinguer, mais qui lui semblèrent répugnantes.

Cela n’eut que la durée d`un éclair. La jumelle lui fut violemment arrachée des mains par le gros homme qui, d‘une voix rude, lui dit :

— Ne regarde pas de ce côté, ce n'est pas ton affaire, et ça n’en vaut pas la peine, du reste. »

Nono, interloqué, fixait l’homme d’un air effrayé !

Mais celui-ci avait repris sa mine doucereuse et ce fut d‘une voix pateline qu’il reprit :

— Je t'ai fait peur ; mais c’est que j'ai été effrayé moi-même. C’est une pièce unique au monde, je ne donnerais pas cette lorgnette pour quoi que ce soit, et j’ai vu le moment où tu allais la laisser échapper.