Page:Grave - Les Aventures de Nono.djvu/49

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douceur. Elle fixait Nono d'un air de bonté aimable, lui faisant signe d'approcher.

Et comme Nono n'osait s'avancer :

— Je te fais donc peur, mon enfant ? dit-elle d'une voix suave et mélodieuse.

Chez son père, Nono avait bien entendu dire que les rois, les reines, les empereurs et les impératrices n'étaient pas faits d'une pâte autre que celle du commun des mortels, et n'en différaient que par le costume ; mais, à l'école, on les entretenait tant de leurs actes, de leur puissance, leur attribuant tant d'action sur les événements, sur les destinées des peuples, qu'il ne pouvait pas ne pas s'imaginer qu'ils ne fussent d'une essence supérieure. Et comme il avait aussi entendu dire que les abeilles étaient gouvernées par une reine, il ne douta pas un seul instant qu'il ne fût devant cette redoutable personne.

— Oh ! non, madame la reine, s'empressa-t-il de répondre.

— Qui t'a dit que j'étais reine ? fit la dame en souriant.