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LE CIMETIÈRE DE CAMPAGNE.

Je cherchai, mais en vain, la trace de ses pas ;
Je vins le jour suivant, je ne le trouvai pas :
Le lendemain, vers l’heure où naissent les ténèbres,
J’aperçus un cercueil et des flambeaux funèbres ;
À pas lents vers l’église on portait ses débris :
Sa tombe est près de nous ; regarde, approche, et lis.


ÉPITAPHE.


Sous ce froid monument sont les jeunes reliques
D’un homme à la fortune, à la gloire inconnu :
La tristesse voilait ses traits mélancoliques ;
Il eut peu de savoir, mais un cœur ingénu.
Les pauvres ont béni sa pieuse jeunesse
Dont la bonté du ciel a daigné prendre soin ;
Il sut donner des pleurs, son unique richesse ;
Il obtint un ami, son unique besoin.
Ne mets point ses vertus, ses défauts en balance ;
Homme, tu n’es plus juge en ce funèbre lieu :
Dans un espoir tremblant il repose en silence,
Entre les bras d’un père et sous la loi d’un Dieu.