Page:Grotius - Le Droit de la guerre et de la paix, tome premier, trad. Pradier-Fodéré, 1867.djvu/163

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LIVRE I, CHAPITRE I. 75 celle qui se trouve dans Aristote ’ , et suivant laquelle il y a un droit naturel, et un droit volontaire, qu’il appelle di’oit légitime, en donnant au mot de loi le sens le plus étroit 2. Quelquefois aussi il le nomme droit établi. On rencontre la même distinction chez les Hébreux qui, lorsqu’ils s’expriment exactement, appellent le droit nor turcl MiTsvoTii (*), le droit établi Iùiukkim, termes que les Septante ont coutume de traduire : le premier par Devoirs, le second par Mandements. X. — 1 . Le droit naturel est une règle que nous sug- gère la droite raison (**), qui nous fait connaître qu’une action, suivant qu’elle est ou non conforme à la nature raisonnable , est entachée de difformité morale, ou

  • « C’est, (lit Bardeyrac, dans sa Morale à Nicomachus (liv. V, ch. x),

où il distingue A()(aiov cpuaixSv, et Aîxaiov vo|ji.txôv, comme faisant partie de ce qu’il appelle A(xaiov TtoXixixôv, Droit civil. Ainsi les idées d’Aristote ne sont pas tout à fait les mêmes que celles de Grotius. b

C’est-à-dire en entendant par là une disposition qui dépend absolu- 

ment de la volonté du législateur. (Barbeïrac.) (*) C’est ainsi que l’appelle le fils de Maimon, dans le livre III du Docteur des Doutants, chap. xxvi. Grotius. (**) Philon s’exprime ainsi dans le livre : a tout homme bon est libre. » a La droite raison, dit-il, est une loi qui ne sait pas mentir ; elle n’a pas été écrite pour les mortels par tel ou tel mortel ; elle n’a pas été tracée, loi sans vie, sur des feuilles ou des colonnes inanimées ; mais elle ne saurait se corrompre, car elle a été gravée par la nature immortelle dans un entendement immortel. » « Demanderez -vous donc, s’écrie Tertullien (sur la couronne du soldat), où est la loi de Dieu ? N’avez-vous pas ici une loi commune, exposée aux yeux du monde sur les tables de la nature ? » Suivant Marc-Antonin (liv. Il), « la fin que tout animal raisonnable doit se proposer, c’est de suivre la loi et la règle de la plus ancienne des villes et des républiques. » Ajoutez à ces citations un passage de Cicéron dans le livre 111 de son traité de la République, reproduit par Lactance (vi, 8). Il y a de belles choses sur ce sujet dans Chrysostôme (Ilar. XII et XIII sur les statues). Il ne faut pas dédai- gner non plus ce (juc dit Thomas d’Aquiu [Secunda sçcundx, lvii, 2) et Scot (III, Dist., il). Grotius.