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PRÉPARATIFS DE BATAILLE

la rue Elgin, le président de l’Association d’Education. Le sénateur, homme de lutte, était rayonnant. Sans perdre un instant, il alla droit au but ;

— Vous vous rappelez, Lantagnac, notre dernière entrevue. Je vous avais prévenu que la grande phase de la question scolaire se déroulerait au parlement… Eh bien, nous y sommes. J’ai vu Laurier, il marchera. Ernest Lapointe présentera la résolution ; Paul-Emile Lamarche aussi parlera. En serez-vous ?

Lantagnac se contint le mieux qu’il put. Sur un ton très détaché il demanda :

— Attendez-vous beaucoup de cette manifestation ?

— Beaucoup ? répondit le sénateur, c’est peut-être trop. Nous attendons tout de même quelque chose. En pays constitutionnel, je ne vous l’apprends pas, il faut compter avec la force de l’opinion. Le débat éclairera peu ou point nos ennemis ; mais portée sur cette grande scène, la question ontarienne devient inévitablement une question nationale. La bonne volonté du Québec en sera soutenue et nos gens en éprouveront du réconfort. Mon cher de Lantagnac, permettez à un ancien militaire de vous citer un vieil axiome : « À la guerre c’est le moral des troupes qui importe avant tout ». Et ce moral, n’est-ce pas, ce sont les chefs qui le font ?

— Sans doute, répondit le député, toujours sur la réserve. Puis, élevant la voix pour mieux dompter son émotion :