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LE COIN S’INTRODUIT

thers. Dans l’intervalle, il avait épousé une jeune Anglaise convertie. Quatre enfants lui étaient venus de ce mariage : deux garçons et deux filles. Les garçons avaient fait leurs études au Loyola College de Montréal ; le cadet s’y trouvait encore ; les filles allaient à Loretta Abbey.

Tout alla bien pour l’anglicisé jusqu’au jour où le désir de jouer un rôle s’alluma en lui. Il atteignait alors sa quarante-troisième année. La richesse, la notoriété du barreau ne suffisaient plus à son ambition ni à ses aspirations d’honnête homme. Il souhaitait se donner à quelque chose de plus vaste, élargir son esprit et sa vie. D’une nature trop élevée pour aborder la politique sans préparation, il se remit donc à l’étude. Convaincu que, dans la politique canadienne, la supériorité n’appartient qu’au maître des deux langues officielles, il voulut réapprendre sa langue maternelle. Il choisit donc, parmi les auteurs français, ses maîtres en économie politique. Il lut Frédéric Le Play, l’abbé de Tourville, la Tour du Pin, Charles Périn, Charles Gide, Charles Antoine, le Comte Albert de Mun, et quelques autres. Là l’attendait la première secousse. La lecture de ces ouvrages lui apporta une sorte d’éblouissement. Il reprenait contact avec un ordre, une clarté, une distinction spirituelle qui l’enchantait. À ce moment un homme entra dans sa vie qui devait y exercer une action profonde. C’est alors que Lantagnac se mit à fréquenter le Père Fabien. Depuis quelques temps, du reste, l’avocat ne savait trop quel vague