Page:Groulx - L'appel de la race, 1923.djvu/173

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PRÉPARATIFS DE BATAILLE

— Eh bien ! mon ami, continua-t-elle, je veux, moi, faire tout mon possible, consentir tous les sacrifices, pour que cette résurrection s’accomplisse. Etes-vous prêt à en faire autant ?

— Mais assurément, répondit-il. Puis-je hésiter, Maud, à mettre notre bonheur et celui de notre foyer au-dessus de tous les sacrifices que n’interdit pas l’honneur ?

— Très bien, s’écria-t-elle un peu rassurée. Je reconnais là votre grand cœur. Mais ce soir je veux songer à d’autres que moi-même. Je pense d’abord à nos enfants. Vous n’ignorez pas, Lius, que votre récente démission les atteint cruellement. C’est une rente de 20, 000 piastres que leur vole notre fripon de beau-frère.

— Puisque vous le jugez comme moi, ce Duffin, observa Jules sèchement, si vous le voulez, Maud, son nom ne sera plus prononcé dans cette maison.

Puis se reprenant :

— Mais vous ne voulez pas me reprocher, j’en suis sûr, d’avoir sacrifié nos enfants pour un motif égoïste de vanité ?

— Non, s’empressa-t-elle de rectifier, je me demande seulement si vous aviez le droit de les sacrifier.

— Je n’ai rien fait que ce que j’ai cru devoir faire, soyez-en persuadée, Maud, fit-il, refoulant une émotion qu’il sentait l’envahir malgré lui. J’ai pensé, en toute bonne foi, que l’honneur du chef