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LE CHOC SAUVEUR

Père Fabien dont le buste se redressa, pour humer, semblait-il, un peu d’air héroïque.

— Superbe ! dit l’avocat, sans emphase, avec une nette simplicité.

Puis interrogeant à son tour :

— Mais que se passe-t-il donc ? Le sénateur est trop franc, trop noble, pour faire du théâtre. S’il a recours à ce grand moyen, serait-ce donc que les grands moyens s’imposent ?

— En effet, c’est l’heure des grands moyens, lit le religieux. Et il ouvrit gravement l’un de ses tiroirs et tendit à Lantagnac un document marqué au coin : strictement secret ; puis il continua :

— Vous pouvez lire.

Lantagnac lut. Le document révélait l’intervention de hauts personnages dans le problème scolaire ontarien. Dans la minute rédigée par eux de leur réunion historique du 15 août 1910, — pièce que Lantagnac lisait en ce moment — ces personnages se disaient d’abord « alarmés » pour l’avenir du système scolaire catholique, en Ontario, « à cause de l’agitation dont le point culminant a été le congrès des Canadiens français tenu à Ottawa en janvier 1910 » ; puis, de cette erreur de faits inexplicable pour le moins, ils passaient à une décision qui est restée depuis lors un douloureux étonnement : ils décrétaient l’envoi de l’un d’entre eux auprès de sir James Whitney, premier ministre de l’Ontario, pour lui faire part « de leur entière opposition »