Page:Groulx - Mes mémoires tome II, 1971.djvu/149

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TROISIÈME VOLUME 1920-1928 145 Hélas, encore cette fois, il faudra déchanter. L’excellent abbé Roy, parfait gentilhomme à ses heures, ne se défend point, à d’autres heures, de quelque tour d’esprit vindicatif. Le 9 mai 1925, ce pauvre Chaloult est donc forcé de m’écrire: Un mot seulement, à la course, pour vous avertir que M. Camille Roy vient de refuser le buste de Dollard qu’il avait ac¬ cepté après maintes hésitations, au nom de l’Université, il y a déjà plusieurs mois. Et cela, parce que, prétend-il, lui et le Sémi¬ naire servent de cible aux membres de l’A.C.J.C. Le ton trop indépendant de la Voix de la Jeunesse a particulièrement eu l’honneur de lui déplaire. Ce refus nous arrive maintenant que toute la démonstration est organisée et qu’il est trop tard pour qu’elle ait lieu ailleurs. C’est ce qui nous porte à croire qu’il n’y a pas que l’A.C.J.C. que l’on veut atteindre. L’on vise plus haut et plus loin... On jugera assez singulier le procédé de se venger sur Dol¬ lard de l’esprit d’indépendance d’une jeunesse universitaire. Mais les choses se passaient ainsi au pays de Québec et au temps de M. l’abbé Camille Roy. Je me demande par quel miracle d’imprudence et de courage, le jeune ami Chaloult put fournir quand même quelque collabo¬ ration à L’Action française. Il nous envoie quelques articles: « Les Acadiens et nous » (L’Action française, XII: 40-46); un compte rendu de la Semaine sociale tenue à Québec, en 1927 (Ibid., XVIII: 149-155). Il collabore aussi à notre enquête sur « Vos doctrines ? ». Je relève encore une allocution sur la « Né¬ cessité de l’histoire nationale pour la jeunesse actuelle » (L’Action française, XVIII: 98-101). Pendant quelques mois, sous le prudent pseudonyme de Le Veilleur, il rédigera même, en 1927 notam¬ ment, la chronique: « A travers la vie courante ». Le cher jeune homme m’a voué une confiance et un attachement qui me con¬ fondent. Il ira jusqu’à m’écrire des propos tels que ceux-ci (10 juin 1928): Cher M. l’abbé, Très flatté de constater que vous n’oubliez pas un de vos disciples très modeste mais très convaincu. Plus que jamais