Page:Groulx - Mes mémoires tome II, 1971.djvu/346

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


338 MES MÉMOIRES L’Action française épaule de son mieux la presse catholique (XIII: 3; XV: 64; XIX: 59-61). Dans l’espoir que se fonde un jour, parmi nous, une institution de même nature, la revue fait de la publicité à la « Semaine des écrivains catholiques » de France (VIII: 91-99; XIII: 44-49). Le problème religieux, nous le posons expressément, à l’occasion de la dixième année de la revue. Pour nous, le problème s’intégre en la synthèse de notre doctrine. Un collaborateur cite, en particulier, cet extrait de l’un de mes articles de janvier 1921: Conserver à Dieu un peuple qui glorifie et respecte l’ordre souverain, qui, dans l’apostasie trop générale des nations, con¬ tinue de professer la vérité unique et de rendre hommage à Notre-Seigneur Jésus-Christ, nous paraît une œuvre qui l’em¬ porte sur le rêve d’une grandeur politique et matérielle (XVII: 7). Parmi les articles que j’écris dans la revue, je retrouve: « L’Ecole des héros », à l’occasion de l’année « aloysienne », deuxième cen¬ tenaire de la canonisation de Louis de Gonzague. Un paragraphe indique l’atmosphère où nous essayions de maintenir même notre action nationale (XVI: 82-92): Puisse cette année lui rappeler [à la jeunesse] plus fortement la primauté de l’action surnaturelle dans toutes les entreprises humaines. Nul ne peut se flatter de servir longtemps ni bien les nobles causes, s’il n’a réalisé en soi la discipline intérieure où viennent s’appuyer, comme sur leur contrefort naturel, la

  • persévérance et le désintéressement. A égalité d’intelligence et

de savoir-faire, ce seront toujours les surnaturels qui serviront le mieux notre race et notre pays. Plus que les autres, ils dis¬ posent d’une vie robuste, débordante; plus que les autres aussi, ils savent ordonner leur labeur et lui assigner des fins élevées. L’article ne passe pas inaperçu. Il a l’heur de plaire à Henri d’Arles qui me le fait savoir, dans une lettre du 25 septembre 1926: Notre jeunesse méditera, je l’espère, ce bel enseignement moral. Il est grand temps aussi que notre classe cultivée soit nourrie d’autre chose que de sèches formules, et que la religion lui soit présentée sous son aspect intellectuel. Deux ans plus tard, invité à prononcer le discours à la soirée des « Prix d’action intellectuelle », je choisis d’y parler de « Nos