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PASSAGE DE L’HOMME

VI

Cet hiver-là, l’Homme fit, dans la maison, de grands changements. Il se plaisait à dire que la laideur est un péché. Il disait même, je me rappelle, que c’est un des plus grands péchés, et sans nous expliquer pourquoi ; mais c’était proclamé avec un tel regard qu’on était d’abord convaincu et qu’on ne posait aucune question.

Ça commença par les calendriers. Vous savez que nous, à la campagne, on n’a rien à mettre sur les murs que ces cartons venus des villes, sur quoi on lit la réclame des marchands, et puis aussi quelques images de dévotion, des Saintes Vierges et des Saintes Thérèses et un Berger portant l’Agneau sur son épaule. L’Homme commença d’examiner tout ça. Il s’était mis devant la fenêtre. C’était un dimanche après-midi, en février. J’étais en train de repriser des bas, et Claire aussi, à ce que je crois. Le Père et la Mère parlaient du temps : toute cette neige ne vou-