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PASSAGE DE L’HOMME

il parla encore de ce qu’il y avait sur la cheminée. « Je comprendrais, dit l’Homme, que vous gardiez une vieille chose laide parce qu’elle vient d’un bon ami à vous, ou bien d’un parent qui est mort. Mais, regardez ! les choses vieilles sont aussi les belles : ces deux bougeoirs de l’oncle Casimir, la vieille pendule… de qui… déjà ? — D’Antoine Courapied, dit le Père, celui qui savait si bien toucher les bêtes. — Pour les choses laides, continua l’Homme, ce sont des choses toutes neuves ou presque neuves. » Et, se levant, il prit sur la cheminée une sorte de porcelaine qui représentait une fille à la fontaine, avec son seau, et il y avait un oiseau sur l’anse du seau, et un papillon dans les cheveux de la fille, et ça nous parut tout d’un coup, simplement parce que l’Homme avait ça dans les mains, et regardait, — ça nous parut une chose stupide, une chose risible, une chose dont on aurait rougi.

« Allons, dit le Père, vous nous arrangerez la maison, avec la Mère, et les deux filles. » Et il ajouta en riant : « Dites donc, quand vous serez parti, qu’est-ce qui restera ici, des choses d’avant ? »

Et l’on se mit, au moment même, à tout regarder. Et ce fut un grand feu de calendriers, de belles images, et même d’images