Page:Guillaume d’Orange, le marquis au court nez (trad. Jonckbloet).djvu/282

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manda à la garde de Dieu qu’il pria de même de protéger la cité contre les Sarrasins.

Alors on lui ouvrit la porte, et un peu avant le lever du soleil, le comte se mit en route. Derrière lui la porte fut refermée et bien assujettie avec de grandes chaînes.




VII.


Rentrée à la cour.


Le comte chevaucha tranquillement jusqu’au jour. Alors il aperçut une bande armée de païens à laquelle il voulut se soustraire, en tournant à droite pour se jeter dans une vallée. Mais ils lui crièrent de loin :

— Qui êtes-vous ? Ne tentez pas de nous mentir.

Le comte, au lieu de se servir de sa langue habituelle, leur parla Grec et dit :

— Je suis Aarofle du mont de Valfondée ; je fais bonne garde autour d’Orange, afin que Guillaume ne s’en échappe.

Sur cette réponse les païens s’inclinent devant lui et passent leur chemin. Le comte, de son côté, poursuit sa route. Que Dieu et la Sainte Vierge le protégent !

Il va, sans s’arrêter, nuit et jour. Il arrive à Orléans et passe la Loire dans un bateau, puis il remonte sur son cheval arabe et traverse la ville. Les bourgeois se le montrent en disant :

— Où va-t-il ainsi armé et sans suite ?

Le châtelain averti, courut après lui et l’apostropha avec hauteur :

— Qui êtes-vous, cavalier ? Vous êtes entré armé dans notre cité, je ne sais si vous êtes un espion ou un voleur de grand chemin ; mais par la foi que je dois à la Sainte