Page:Gustave Flaubert - La Tentation de Saint-Antoine.djvu/166

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On a étranglé les prêtres avec les cordons de leurs habits. Les femmes sont captives, les vases sont tous fondus !

La voix s’éloignant :

J’étais le Dieu des armées, le seigneur, le seigneur Dieu !

Alors il se fait un silence énorme, une nuit profonde.
Antoine.

Tous sont passés.

Il reste moi !

dit
Quelqu’Un.
Et Hilarion est devant lui, — mais transfiguré, beau comme un archange, lumineux comme un soleil, — et tellement grand, que pour le voir
Antoine
se renverse la tête.

Qui donc es-tu ?

Hilarion.

Mon royaume est de la dimension de l’univers ; et mon désir n’a pas de bornes. Je vais toujours, affranchissant l’esprit et pesant les mondes, sans haine, sans peur, sans pitié, sans amour, et sans Dieu. On m’appelle la Science.

Antoine
se rejette en arrière :

Tu dois être plutôt… le Diable !