Page:Gustave Flaubert - La Tentation de Saint-Antoine.djvu/317

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Les Hérésies. Ne veux-tu plus de nous ? Nous sommes l’esprit. Les Péchés. Tu nus repouuses, nous sommes le bonheur. Antoine fait des efforts pour rejoindre les trois vertus théologales qui lui tendent les bras ; l’orgueil arrive derrière et du doigt le pousse dans le dos en avant ; les hérésies s’écartent et les péchés reculent. Alors les vertus théologales avancent d’un pas, le prennent par la main et le font entrer dans la chapelle. Il est entré : l’orgueil, sur le seuil, relève fièrement la tête et regarde les péchés tout à l’entour. La luxure pousse un soupir, s’assoit sur le cochon, et étale dessus sa belle robe à paillettes. La paresse secouche sur la tortue. La colère ronge ses poings. L’avarice se baisse et fouille à terre. L’envie met la main devant ses yeux et regarde en avant. La gourmandise s’accouve. L’orgueil est resté debout.


II