Page:Gustave Flaubert - La Tentation de Saint-Antoine.djvu/49

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Antoine.

Oui ! oui ! Ma pensée se débat pour sortir de sa prison. Il me semble qu’en ramassant mes forces j’y parviendrai. Quelquefois même, pendant la durée d’un éclair, je me trouve comme suspendu ; puis je retombe.

Hilarion.

Le secret que tu voudrais tenir est gardé par des sages. Ils vivent dans un pays lointain, assis sous des arbres gigantesques, vêtus de blanc et calmes comme des dieux. Un air chaud les nourrit. Des léopards tout à l’entour marchent sur des gazons. Le murmure des sources avec le hennissement des licornes se mêlent à leurs voix. Tu les écouteras ; et la face de l’inconnu se dévoilera !

Antoine
soupirant :

La route est longue, et je suis vieux !

Hilarion.

Oh ! oh ! Les hommes savants ne sont pas rares ! Il y en a même tout près de toi ; ici ! — Entrons !