Page:Gustave Flaubert - La Tentation de Saint-Antoine.djvu/552

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Damis.

Demande-lui qu’il te donne l’androdamas, qui attire l’argent, le fer et l’airain.

Apollonius lui offrant une petite rondelle de cuivre.

Veux-tu le xéneston ? Le voici ! Prends-le donc !

Tu pourras descendre dans les volcans, traverser le feu, voler dans l’air.

ANTOINE.

Oh ! Qu’ils me font mal ! Qu’ils me font mal !

Damis.

Tu comprendras la voix de tous les êtres, les rugissements, les hennissements, les roucoulements.

Apollonius.

Car j’ai retrouvé, j’en suis sûr, le secret de Tirésias.

Damis.

Il sait encore des chansons qui font venir à soi celui qu’on désire.

Apollonius.

J’ai appris des arabes le langage des vautours et j’ai lu dans les grottes de Strompharabarnax la manière d’épouvanter le rhinocéros et d’endormir les crocodiles.

Quand nous voyagions autrefois, nous entendions, à travers les lianes, courir les licornes blanches.

Elles se couchaient à plat ventre, pour qu’il montât sur elles.

Apollonius.

Tu monteras sur elles, aussi. Tu te tiendras aux oreilles. Nous irons, nous irons !

ANTOINE

pleurant.

Oh ! Oh !