Page:Gustave Flaubert - La Tentation de Saint-Antoine.djvu/68

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Ce sont des gens de la plèbe, tous frappant dans leurs mains pour marquer la cadence. Au milieu d’eux est
Arius
en costume de diacre.

Les fous qui déclament contre moi prétendent expliquer l’absurde ; et pour les perdre tout à fait, j’ai composé des petits poèmes tellement drôles, qu’on les sait par coeur dans les moulins, les tavernes et les ports.

Mille fois non ! le fils n’est pas coéternel au père, ni de même substance ! Autrement il n’aurait pas dit : « Père, éloigne de moi ce calice ! — Pourquoi m’appelez-vous bon ? Dieu seul est bon ! — Je vais à mon Dieu, à votre Dieu ! » et d’autres paroles attestant sa qualité de créature. Elle nous est démontrée, de plus, par tous ses noms : agneau, pasteur, fontaine, sagesse, fils de l’homme, prophète, bonne voie, pierre angulaire !

Sabellius.

Moi, je soutiens que tous deux sont identiques.

Arius.

Le concile d’Antioche a décidé le contraire.

Antoine.

Qu’est-ce donc que le verbe ? … qu’était Jésus ?

Les Valentiniens.

C’était l’époux d’Acharamoth repentie !