Page:Gustave Flaubert - La Tentation de Saint-Antoine.djvu/75

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Tous
d’un ton plaintif :

kyrie eleïson !

L’Inspiré.

Mais Sophia, compatissante, le vivifia d’une parcelle de son âme.

Alors, voyant l’homme si beau, Dieu fut pris de colère. Il l’emprisonna dans son royaume, en lui interdisant l’arbre de la science.

L’autre, encore une fois, le secourut ! Elle envoya le serpent, qui, par de longs détours, le fit désobéir à cette loi de haine.

Et l’homme, quand il eut goûté de la science, comprit les choses célestes.

Tous
avec force :

kyrie eleïson !

L’Inspiré.

Mais Iabdalaoth, pour se venger, précipita l’homme dans la matière, et le serpent avec lui !

Tous
très bas :

kyrie eleïson !

Ils ferment la bouche, puis se taisent.
Les senteurs du port se mêlent dans l’air chaud à la fumée des lampes. Leurs mèches, en crépitant, vont s’éteindre ; de longs moustiques tournoient. Et Antoine râle d’angoisse ; c’est comme le sentiment d’une mons-