Page:Guy de Maupassant - Notre Cœur.djvu/130

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— Après !

— Ce pavillon vous attend.

Elle se mit à réfléchir, puis, toujours sans embarras, elle posa deux ou trois questions de prudence féminine. Il donna des explications, satisfaisantes paraît-il, car elle murmura en se levant :

— Eh bien ! j’irai demain.

— Quelle heure ?

— Trois heures.

— Je vous attendrai derrière la porte, au numéro 7. N’oubliez pas. Frappez seulement en passant.

— Oui, adieu, mon ami, à demain.

— À demain. Adieu. Merci. Je vous adore !

Ils étaient debout.

— Ne m’accompagnez pas, dit-elle ; restez ici pendant dix minutes, puis allez vous-en par le quai.

— Adieu.

— Adieu.

Elle partit très vite, avec un air si discret, si modeste, si pressé, qu’elle ressemblait vraiment tout à fait à une de ces fines et laborieuses filles de Paris qui trottent au matin par les rues, en allant à des besognes honnêtes.

Il se fit conduire à Auteuil, tourmenté par la crainte que le logis ne fût pas prêt le lendemain.

Mais il le trouva plein d’ouvriers. Les murs étaient couverts d’étoffes, les tapis posés sur les parquets. On frappait, on clouait, on lavait partout. Dans le