Page:Guy de Maupassant - Notre Cœur.djvu/157

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lerie galante, lui révéla la question soulevée. Puis il reprit ses arguments avec une verve accentuée par le désir de parade qui excite devant les femmes tous les buveurs de gloire.

Elle s’amusa tout de suite du motif de cette querelle, et, excitée elle-même par ce sujet, y prit part, en défendant les femmes modernes avec beaucoup d’esprit, de finesse et d’à-propos. Quelques phrases, incompréhensibles pour le romancier, sur la fidélité et l’attachement dont les plus suspectes pouvaient être capables, firent battre le cœur de Mariolle, et, quand elle fut partie pour aller s’asseoir à côté de Mme de Frémines, qui avait gardé près d’elle obstinément le comte de Bernhaus, Lamarthe et Mariolle, séduits par tout ce qu’elle leur avait montré de science féminine et de grâce, se déclarèrent l’un à l’autre qu’elle était incontestablement exquise.

— Et regardez-là ! dit l’écrivain.

C’était le grand duel. De quoi parlaient-ils, à présent, l’Autrichien et les deux femmes ? Mme de Burne était arrivée juste au moment où le tête-à-tête trop prolongé de deux personnes, même quand elles se plaisent, devient monotone ; et elle le rompait en racontant d’un air indigné tout ce qu’elle venait d’entendre dans la bouche de Lamarthe. Tout cela certes pouvait s’appliquer à Mme de Frémines, tout cela venait de sa plus récente conquête, tout cela était répété devant un homme très fin qui savait tout comprendre. Le feu de nouveau prit à cette