Page:Guy de Maupassant - Notre Cœur.djvu/232

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— Elles connaissent, comprennent et savourent ce qui les fait valoir : la toilette et le bijou qui changent de mode tous les dix ans ; mais elles ignorent ce qui est d’une sélection rare et constante, ce qui exige une grande et délicate pénétration artiste, et un exercice désintéressé, purement esthétique de leurs sens. Elles ont d’ailleurs des sens très rudimentaires, des sens de femelles, peu perfectibles, inaccessibles à ce qui ne touche pas directement l’égotisme féminin qui absorbe tout en elles. Leur finesse est de sauvage, d’indien, de guerre, de piège. Elles sont même presque impuissantes à goûter les jouissances matérielles d’ordre inférieur qui exigent une éducation physique et une attention raffinée d’un