Page:Guy de Maupassant - Notre Cœur.djvu/75

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Quand il entendit s’arrêter une voiture devant la porte de la rue, il eut un tressaillement d’espoir, et lorsque sonna le timbre de l’appartement, il ne douta plus.

Elle entra, son chapeau sur la tête, ce qu’elle ne faisait jamais, avec un air pressé et content.

— J’ai une nouvelle pour vous, dit-elle.

— Laquelle donc, madame ?

Elle se mit à rire en le regardant.

— Eh bien ! je vais passer quelque temps à la campagne.

Un chagrin le saisit, subit et fort, que son visage refléta.

— Oh ! Et vous m’annoncez cela avec une figure satisfaite !

— Oui. Asseyez-vous, je vais vous conter tout. Vous savez ou vous ne savez pas que M. Valsaci, le frère de ma pauvre mère, l’ingénieur en chef des ponts, a une propriété à Avranches où il passe une partie de sa vie avec sa femme et ses enfants, car il exerce là-bas sa profession. Or nous allons les voir tous les étés. Cette année, je ne voulais pas ; mais il s’est fâché et il a fait à papa une scène pénible. À ce propos, je vous confierai que papa est jaloux de vous, et m’en fait aussi, des scènes, en prétendant que je me compromets. Il faudra que vous veniez moins souvent. Mais ne vous troublez point, j’arrangerai les choses. Donc papa m’a réprimandée et m’a fait promettre d’aller passer dix