Page:Hafiz - Quelques Odes, traduction Nicolas, 1898.djvu/28

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Hélas ! semblables aux Turcs dévastateurs qui pillent et saccagent la table d’un festin, ces belles aux doux regards, ces perles de beauté dont les charmes embrasent tous les cœurs, ont mis à néant le repos[1] dont le mien jouissait.


Dans la plénitude de sa beauté notre amie n’a aucun souci de notre incomplet amour. Un joli visage, quel besoin peut-il avoir de

  1. Il sera facile de retrouver par la suite des plaintes de ce genre. Hafiz dit autre part : Mon amie m’a conseillé de ne pas me livrer au repos, quoiqu’elle sût que c’était là mon désir. Et Mohammed Ibn-Mohammed Darabi explique : Mon amie véritable, qui m’a emporté le cœur, a vu que ce n’était pas le moment du repos quoiqu’elle sût que j’en avais envie. Ce vers se rapproche de ce Hadis : Combien il y a de choses que vous n’aimez pas, mais qui sont bonnes pour vous, et combien il y a de choses que vous aimez et qui vous sont nuisibles. En vérité, il y en a, parmi mes serviteurs qui, si je les laissais à eux-mêmes, mourraient.