Page:Haraucourt - Amis, 1887.djvu/43

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— Aucune femme ne m’a donné cela, pensa-t-il. Puis : « Au diable les femmes ! »

Alors, ils se lâchèrent les mains et s’embrassèrent avec force.

Pierre voulait parler, pourtant…

— Eh bien… tu as… tes bagages ?

— Oui, oui… ils sont là.

— Eh bien… nous allons… les prendre.

Ils marchèrent côte à côte, et tous deux, en même temps, se regardèrent encore.

Leurs mains se prirent : Arsemar secoua son bras avec force.

— Mon vieux ! dirent-ils ensemble.

Des employés, sur leur passage, poussaient des brouettes.

— Oui, sortons.

Quand ils furent dehors, ils se mirent face à face.

— C’est drôle, hein ? dit Pierre.

L’autre répondit :

— C’est drôle.

Ils sourirent, sans savoir de quelle drôlerie ils avaient parlé.

— Oh ! tu as un bon air, ici.

— Et le voyage s’est bien passé ?

— Mais, très bien, merci.

— C’est un peu long. Vous n’avez pas eu trop de retard.

— Ah ?