Page:Haraucourt - Amis, 1887.djvu/89

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le cabinet vert. Figure-toi que je l’ai rencontré, le brave homme ! Il est en retraite. Je lui dis : « Vous voyez, monsieur le proviseur, que je n’ai pas si mal tourné… » Il m’a répondu paternellement : « Eh bien ! tant mieux, ça m’étonne, ça m’étonne… » Il est très malade, maintenant.

Sur une enveloppe : « Georges ».

— Ce sont nos billets, oh ! fais voir !

Une chaleur riante emplissait la chambre et les pénétrait. L’âme a des moments de plénitude où il semble que l’air et les choses répondent à nos joies.

Ils se penchaient sur les feuilles volantes.

« Mon cher Georges, j’avais l’intention de passer avec toi la journée de dimanche, puisque te voilà collé ; mais je viens de recevoir une lettre de mon tuteur qui m’enjoint de sortir chez un monsieur. Je le regrette doublement… J’espérais au moins te rapporter un petit cadeau, quoi ? un rien, le moindre objet matériel pour te montrer que j’avais pensé à toi. — Hélas ! j’ouvre mon porte-monnaie : aussi vide que la machine pneumatique de Bercemin… J’ignore comment tu prendras ce billet : dans une circonstance analogue, j’ai agi à peu près de la sorte, et celui auquel je m’adressais a été si fort blessé, que je fus presque obligé de lui faire des excuses. Cependant je pense que je ne dois rien cacher à mon ami… Mon cœur sera avec toi, puisses-tu ne pas trop t’ennuyer. C’est le plus sincère de mes vœux. »

Un autre : « Très bien, Georgeot, ton portrait de