Page:Henry - Les Littératures de l’Inde.djvu/296

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HO LES LITTÉRATURES DE L'INDE

le traitent avec la plus sincère déférence; car, dit la Çàrngadhara-Paddhati, « le feu, qu'on l'apporte ou non aux autels, et le brahmane, qu'il soil instruit ou ignare, sonl deux sublimes déités 1 . » Lui-même, familier e! goguenard, sans trop déroger au i<>n de sereine courtoisie qui est la note dominante de ces entretiens de bonne compagnie, il a son franc- parler envers tout le momie, même et surtout envers le roi qu'il sert avec tant de dévouement. Quand celui ci se rengorge à la flatterie d'uo barde decour, le bouffon remarque : « Dites au taureau : « Tu es le mâle du troupeau », il reprend cœur à la be ne*. » Au roi éperdu d'amour timide, il dit : o Vous \<>il;i comme un oiseau qui plane au dessus d'un étal de boucher, un pauvre oiseau qui veut et n'ose... 3 » Sa verve copieuse esl le leste accompa- gnement qui sautille sur l'énervante langueur de la sérénade de don Juan.

Si j'ajoute que toute représentation, même fri- vole, est en quelque façon une solennité religieuse, que Çiva, le dieu à la danse mystique, est le patron des acteurs, qu'on l'invoque presque toujours, lui ou son épouse, ou tous deux, au début et à la fin de chaque pièce, j'aurai, je crois, épuisé toutes les particularités essentielles de l'action scénique, fou- les traits par lesquels le théâtre hindou se rapproche

1. Indische Sprûche, 1223.

2. Çakuntalâ, vers le débul de l'acte V.

3. Agnîmitra et Mdlaoikd, fin de l'acte II.

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