Page:Henry - Les Littératures de l’Inde.djvu/32

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cain céleste, que certaines légendes font père d’Indra et victime de son fils, comme Saturne le fut de Jupiter ; Pûsan, bon vieillard mangeur de bouillie, pacifique patron solaire de quelque clan de bergers. Mais, de toutes ces lueurs pâlies, aucune ne retient plus invinciblement le regard que celle du soleil enfui vers le couchant du sud, la région de l’hiver et de la mort : là, sur une foule grouillante et silencieuse, trône Yama, jumeau et époux de sa sœur Yamî, astre éteint, « le premier des mortels qui mourut ».

Celui qui est parti en descendant les vastes pentes, qui a su trouver la voie pour un grand nombre, le fils du Radieux, qui assemble les hommes, le roi Yama, présente-lui l’oblation. — Yama le premier nous a conquis cet asile, et ce pâturage[1] ne nous sera jamais disputé, où s’en sont allés nos premiers pères en suivant ses traces sur le chemin. (Rig-Véda, X, 14, 1-2, et Atharva-Véda, XVIII, 1, 49-50).

Et la morne cantilène se déroule en mineur... Je ne me hasarde pas à la traduire : elle y perdrait trop. « Jamais », ai-je écrit ailleurs, « le culte des morts, la religion qui n’a point d’athée, n’a pu trouver d’accents plus profonds et plus déchirants ; jamais paroles d’espoir en Dieu n’ont fait courir dans les veines un pareil frisson d’horreur et de désespérance. »

Et Brahma ? Visnu ? Çiva ? la célèbre Trinité

  1. Comparer, dans Homère, la prairie asphodèle.