Page:Hippocrate - Œuvres complètes, traduction Littré, 1839 volume 1.djvu/41

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


Ce n’est pas tout : Herodicus de Selymbria (on ne sait si c’est le même que Herodicus, frère de Gorgias) appliqua la gymnastique au traitement des maladies. Jusque-là cet art n’avait été cultivé que pour former des militaires ou des athlètes. Herodicus , qui était lui-même maître de gymnastique et d’une constitution maladive, entreprit de se fortifier par l’application régulière des exercices. Il faisait faire de très longues courses à ses malades ; par exemple, il les faisait aller d’Athènes à Mégare et revenir sans se reposer. C’était surtout au traitement des maladies chroniques qu'il se consacra. Il paraît que les asclépiades ne traitaient guère que les plaies et les maladies aiguës. C’est du moins ce que dit Platon ; et en reprochant à Herodicus de prolonger la vie des gens valétudinaires et de leur faire ainsi une longue maladie , au lieu de les laisser à la nature qui les délivrerait promptement de leurs maux par la mort [1] , il lui adressa un blâme là où nous ne pouvons voir qu’un éloge. Cette application de la gymnastique au traitement des maladies eut une grande influence sur la médecine antique. Beaucoup de malades désertèrent les Asclépions et allèrent se faire soigner dans les gymnases et les médecins grecs prirent l’habitude d’étudier les effets des exercices, de les admettre dans le cercle de leur thérapeutique, et de les prescrire d’une manière conforme à l’art dans une foule de cas.

Telles sont les trois sources ( temples d’Esculape , écoles philosophiques et gymnases) qui alimentèrent la médecine dans le courant du 5° siècle avant J.-C. Dès cette époque , on le voit, il existait une masse considérable de notions et de travaux très divers ; travaux et notions qui concouraient pour fournir à la fois l’étude de la maladie dans les Asclépions

  1. De la républiq,, liv. III, p. 406. Ed.Henr. Stcph.