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335 ÆLIUS — ÆMILIUS 336


regretter, voulut léguer aux Romains comme maître de leur vaste empire.

La date précise de l’adoption d’Ælius César a excité des controverses parmi les érudits, qui se sont efforcés de fixer les points de chronologie litigieuse de l’histoire romaine. Les uns adoptèrent, avec Spartien, l’année de Rome 888 ; les autres reculèrent cet événement jusqu’à l’année suivante, 889. Ce qu’il y a de certain, c’est qu’une inscription rapportée par Gruter prouve qu’avant la fin de l’année 889, Ælius César n’avait pas exercé la puissance tribunitienne, et que l’examen attentif des monuments épigraphiques tend à prouver que ce fut aux calendes de janvier 889 qu’il fut nommé consul pour la première fois, mais sous le nom de Céjonius Commodus, et sans qu’il soit fait mention pour lui du titre de César. Ce serait dans le courant de cette même année qu’aurait eu lieu son adoption, à la suite de laquelle il fut envoyé sur les bords du Danube comme préteur chargé de gouverner la Pannonie, après avoir été désigné pour un second consulat. Il sut, nous dit Spartien, se maintenir convenablement à la tête de cette province ; et ses succès militaires, ajoute-t-il, ou pour mieux dire le bonheur qui accompagna ses expéditions, lui valurent la réputation, sinon d’un grand général, au moins d’un bon officier. Ni l’histoire ni les monuments ne nous apprennent rien sur l’époque de son retour à Rome, où le rappelèrent probablement les soins qu’exigeait sa santé. Usé par l’abus des plaisirs, d’une constitution naturellement délicate, il n’aurait pu, quand même il eût vécu, supporter les fatigues du commandement ; et Adrien, frappé de son incapacité, pensait à faire un autre choix. La mort lui épargna la honte de se voir chassé des degrés du trône : une potion qu’il avait prise la veille des ides de janvier de l’an de Rome 891, dans l’espoir d’être en état de prononcer le lendemain un discours de félicitation adressé à l’empereur, produisit un effet trop violent sur ce tempérament si faible, et l’emporta dans la nuit. La solennité du premier jour de l’année, pendant lequel on faisait en faveur du prince des vœux solennels, empêcha qu’on ne prit le deuil ; mais, quelques jours plus tard, sa mort fut pleurée par ordre, comme celle d’un prince de la maison impériale, et il fut placé le premier dans le magnifique mausolée qu’Adrien venait de faire élever sur la rive droite du Tibre, où il porte aujourd’hui le nom de château Saint-Ange. Le mausolée d’Auguste, placé au champ de Mars, et où les empereurs étaient portés après leur mort quand ils n’étaient pas traînés aux Gémonies, n’avait plus désormais de place pour la cendre des maîtres du monde. Ælius n’ayant été que César ne fut pas mis an rang des dieux : du moins on n’a retrouvé aucune monnaie frappée en l’honneur de sa consécration ; et cependant Spartien nous dit qu’Adrien lui fit élever des temples dans quelques villes. Il voulut aussi qu’Antonin, devenu son successeur, adoptât Lucius Verus, fils d’Ælius


César, en disant : Il faut que l’empire ait quelque chose d’Ælius, Habeat respublica quodcumque de Æliis. Avec son fils Lucius, Ælius laissait une fille du nom de Fabia. Quant à sa femme, elle était fille du consulaire Nigrinus ; mais l’histoire ne nous dit pas son nom. Noël des Vergers.

{{t|Eckhel, Doctrina nummorum veterum, t. VI. — Le Nain de Tillemont, Histoire des Empereurs, t. II. — Spartien, apud Scriptores Historiæ Augustæ.

ÆLIUS SEXTUS CATUS, célèbre jurisconsulte romain, dont Ennius a fait l’éloge. Etant censeur avec Marius Céthégus, il assigna an sénat une place distincte de celle du peuple dans les spectacles de l’amphithéâtre. Nommé consul en 536 de la fondation de Rome, il se fit remarquer par la rigidité de ses mœurs : il mangeait dans de la vaisselle de terre, et jusqu’à la fin de sa vie il ne posséda que deux coupes d’argent, dont L. Paulus, son beau-père, lui avait fait présent comme une récompense de sa valeur après la défaite du roi Persée.

Ennius, Frag.

* AELNOTH, historien, moine de Saint-Augustin de Cantorbéry, vivait vers l’an 1105. Il résida pendant vingt-quatre ans environ en Danemark, et écrivit une histoire de Canut, roi de Danemark, éditée par Arnold Huitfeld, sous ce titre : De vita et passione sancti Canuti, régis Daniœ, liber primum editus ; Hafniæ, 1602, in-8°. Cet ouvrage a été réimprimé et augmenté en 1631 par J. Meursius. E. D.

Catalogue inédit de la Bibliothèque nationale.

AELST (Evrard Van), peintre hollandais, né à Delft en 1602, mort en 1658. Il peignit avec succès les sujets inanimés, et particulièrement des oiseaux morts, des cuirasses, des casques et toutes sortes d’instruments de guerre. Ses ouvrages sont d’un fini remarquable : les plus petits détails y sont rendus avec une grande vérité. Aussi ses tableaux, quoique peu intéressants, sont-ils toujours chers et fort rares.

Descamps, Vie des peintres flamands.

AELST (Guillaume Van), peintre hollandais, né à Delft en 1620, et mort en 1679. Il était neveu et élève du précédent : il voyagea dans sa jeunesse en France, en Italie, et se fit rechercher par les personnes de la plus haute distinction. Le grand-duc de Toscane lui donna une chaîne d’or avec une médaille de même métal, pour lui marquer son estime. Comblé de biens, Ælst retourna dans sa patrie, où ses ouvrages furent en vogue et achetés fort cher. Il peignait les fleurs et les fruits avec beaucoup d’art ; sa couleur est belle et vraie, ses fleurs légères, et ses fruits rendus au naturel.

Houbraten, Schouburg der Nederlandsche Konst-Schilders, etc. — Weyerman, Levens-Beschryvingen der Nederlandsche Konst-Schilders, etc. — Descamps, Vies des peintres flamands, etc.

ÆMILIANUS. Voy. Émilien.

ÆMILIUS. Voy. Émile.

ÆMILIUS (Antoine), historien, né à Aix-la-Chapelle en 1589, et mort en 1660. Il voyagea