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ABAILARD — ABANCOURT


enfin permis d’étudier du sien, l’homme et la nature : Celui-ci n’a reconnu d’autre autorité que celle de la raison ; celui-là a entrepris de transporter la raison dans l’autorité. Tous deux ils doutent, et ils cherchent ; ils veulent comprendre le plus possible, et ne se reposer que dans l’évidence : c’est là l’esprit commun qu’ils empruntent de l’esprit français, et ce trait fondamental de ressemblance en amène beaucoup d’autres : par exemple, cette clarté de langage qui naît spontanément de la netteté et de la précision des idées. Ajoutez qu’Abailard et Descartes ne sont pas seulement Français, mais qu’ils appartiennent à la même province, à cette Bretagne dont les habitants se distinguent par un si vif sentiment d’indépendance et une si forte personnalité. De là dans les deux illustres compatriotes, avec leur originalité naturelle, avec certaines dispositions à médiocrement admirer ce qui s’était fait avant eux et ce qui se faisait de leur temps, l’indépendance poussée souvent jusqu’à l’esprit de querelle, la confiance de leurs forces et le mépris de leurs adversaires, plus de conséquence que de solidité dans leurs opinions, plus de sagacité que d’étendue, plus de vigueur dans la trempe de l’esprit et du caractère que d’élévation et de profondeur dans la pensée, plus d’invention que de sens commun ; abondants dans leur sens propre plutôt que s’élevant à la raison universelle, opiniâtres, aventureux, novateurs, révolutionnaires[1]. »

Les ouvrages d’Abailard concernent tous la théologie ou la philosophie, sauf sa correspondance avec Héloïse et son Historia Calamitatum. Les principales éditions ont pour titre :

Petri Abaelardi, filolosofi, abbatis Rutyensis, et Heloissae conjugis ejus, primœ Paracletensis abbatissæ, opera nunc primum edita ex mss. codd. Francisci Amboesi, cum ejusdem Prœfatione apologetica, et censura doctorum Parisiensium ; Parisiis (Buon), 1616, in-4°.

Petri Abaelardi abbati Ruyensis, et Heloissæ abbatissæ Paracletensis, opera a prioris editionis erroribus purgata, et cod. mss. collata, cura Richardi Rawlinson ; Londini, 1718, in-8° ; Oxonii, 1728, in-8°.

Magistri Petri Abaelardi Epistola, quae est historia calamitatum suarum ad amicum scripta. Heloissæ et Abaelardi Epistolœ quæ feruntur quatuor priores, additis Codd. Ambroesii et Rawlinsonii variis lectionibus ; edidit J. Gaspar Orellius ; Turici, 1841, in-4°.

Ancienne Héloïse, manuscrit nouvellement retrouvé des lettres inédites d’Abailard et d’Héloïse, trad. par de Lonchamps, et publ. avec des notes historiques par A. de Puyberland (P. R. Auguis) ; Paris, 1823, 2 vol. in-8°.

Lettres d’Abailard et d’Héloïse, trad. du latin sur le manuscrit n° 2923 de la Bibliothèque royale, par M. Ed. Oddoul ; précédées d’un essai sur la vie et les écrits d’Abailard et d’Héloïse jusqu’au concile de Sens, par madame Guizot, et continué par M. Guizot ; Paris, 1837, 2 vol. gr. in-8°.

Ouvrages inédits d’Abailard, pour servir à l’histoire de la philosophie scolastique en France ; publiés par M. Victor Cousin ; Paris, de l’Impr. royale, 1836, gr, in-4°. On y trouve le Sic et Non.

La meilleure édition (encore inachevée) est celle de M. Cousin ; elle a pour titre :

Petri Abælardi opera, hactenus seorsim edita ; nunc primum in unum collegit textum ad fidem librorum editorum scriptorumque recensuit notas, argumenta, indices adjecit Victor Cousin ; Paris, 1850, in-4°. F. H.

Ch. de Rémusat, Abélard, 2 vol. in-8° ; Paris, 1845. — Berington, History of Abailard and Héloïse ; Lond., 1787. — Fessier, Abailard und Héloïse ; Berlin, 2 vol. in-8°, 1806. — M. Guizot, Essai sur la vie et les écrits d’Abailard et d’Héloïse ; Paris, 1839. — Cousin, Introduction aux ouvrages inédits d’Abailard ; Paris, 1836.

  • ABAISI (Thomas), sculpteur de Modène vers le milieu du quinzième siècle. Il fit, en 1451, plusieurs statues en bois pour la cathédrale de Ferrare.

Cicognara, Storia della Scultura.

ABALLA, femme savante, née à Salerne vers le milieu du treizième siècle ; elle se rendit célèbre dans l’art de guérir, sous le règne de Charles d’Anjou. On a d’elle un traité De atra bili.

* ABAMONTI ou ABBAMONTE (Joseph), homme d’État napolitain, né vers 1759, mort le 8 août 1818. Il se distingua d’abord dans la profession d’avocat, et prit une part active au mouvement révolutionnaire de l’Italie. À l’arrivée des Français, il fut nommé, en 1798, secrétaire général de la république cisalpine, et membre de la commission exécutive à Naples. Le roi, qui avait été forcé de fuir, étant revenu en 1799, Abamonti fut arrêté, et condamné à être pendu ; mais on le comprit presque aussitôt dans la liste de ceux qui, au nombre de douze, furent amnistiés. Il revint alors à Milan, où il fut rétabli dans les mêmes fonctions qu’il y avait remplies précédemment. Il les exerça tant que ce pays demeura en république. Au commencement de 1805 il donna sa démission, retourna à Naples, et disparut de la scène politique.

Tipaldo, Biografia degli Italiani illustri, vol. II, p. 445.

ABANCOURT (Charles-Xavier-Joseph Franqueville D’), ministre de Louis XVI, né à Douai le 4 juillet 1758, mort le 9 septembre 1792. Neveu de Calonne, et ayant adopté les principes de la révolution, il obtint un avancement rapide dans la carrière militaire. Après la journée du 20 juin 1792, il devint ministre de la guerre. Il fit en cette qualité à l’assemblée législative, dans la séance du 27 juillet, un rapport sur l’état des frontières du nord, et lui annonça le

  1. Voy. Cousin, Introduction aux œuvres inédiles d’Abailard.