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ALEXANDRE {Lettres,

toria apud Scripfores post Bedam, lib. VII et VIU.

Godwjn, De prœsuUbus Angliœ.

ALEXANDRE de Bemmj, poëte français, natif de Bernay en Normandie (diocèse de Lisieux), vivait vers le milieu du douzième siècle. Il fut surnommé de Paris, par le long séjour qu’il fit dans cette ville. Il se fit d’abord connaître par le roman à’Athis et de Prophilias (ras. 7191 de la bibliothèque Richelieu), et par ceux à’ Hélène, mère de saint Martin et de Brison, fait à la requête de Loyse , dame de Créqui-Couaples. Mais son principal ouvrage est la continuation de V Alexandriade , commencée par Lambert Li-Cors, c’est-à -dire le Court, natif de Chastaudun. Voici le passage sur lequel on se fonde : La vérité de l’istoire si com li roys la fist Un clerc de Chasdiaudun, Lambert li cors l’escrit. Qui du latin la treste et en romant la mist... Alixandre nous dit que de Bernay fii nez, Et de Paris refu ses surnoms appelez Qui ot les siens vers o les Lambert mêliez. Ce roman, peut-être le plus ancien de la langue française , est écrit en vers de douze syllabes ,

appelés depuis alexandrins.

L’opinion qui faisait d’Alexandre de Bernay l’inventeur du vers alexandrin était générale parmi les littérateurs des trois dernifers siècles. Elle a été partagée par Bernier, par Pasquier, par Ménage , par Goujet , par les auteurs du Dictionnaire de Trévoux , par la Monnoye , par Massieu, etc. Mais l’invention de cette mesure est im peu antérieure à Alexandre de Bernay ; la Ravaillère a montré qu’elle fut employée pour la première fois vers 1140.

Le roman d’Alexandre est un cadre ingénieux dans lequel le poëte a fait entrer une partie des faits relatifs à ce qui se passa à la fin du règne de Louis VU et au commencement de celui de Philippe -Auguste , et il fut publié peu avant 1 184. Cet ouvrage eut plusieurs suites, qui furent ajoutées par Simon le Clerc, Pierre de Saint-Cloost, Jehan Li-Nivelois ou Le Vénélois, etc. n a été traduit de rime en prose par un écrivain nommé Jehan Fauquelin, qui Horissait vers le commencement du quinzième siècle. Cette version a été imprimée sous ce titre : Histoire du roy Alexandre le Grand, jadis roy et seigneur detout le monde, et des grandes prouesses qu’il a faictz en son temps ; Paris , Jehan Bonfons ,

in-4° goth., s. d . Ce poëme est très-bien écrit pour le temps où il parut ; il renferme unassezbon nombre de vers harmonieux et pleins de sens ; les descriptions en sont animées, les récits naturels. Le roman d’Athis et de Prophlias commence par ces mots :

Qui saiges est de sapience

Bien doit espandre se science-

Que tex la puisse recoillir

D’au boins essanples puisse issir. Oez del savoir Alixandre,

Qui por ce fist ses vers espandre. Quant il sera del siegle issuz

Qu’as autres fust amanteuz.

Ne fut pas saiges de clergie

Mes des auctors oï la vie,

Molt retint bien an son mémoire. arts, sciences, etc.)

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Voyez une analyse détaillée de ce roman dans le t. XV, p. 179 et suivantes de V Histoire littéraire de la France.

De la Eue, Essais historiques sur les Bardes, etc. — Fauchet, livre II. —

Du Tillet, Parnasse français.

Roquefort, Glossaire de la langue romane, t. II, p . 765. ALEXANDRE, dit Célésinus OU Telesinus, historien sicilien , abbé du monastère de Saint-Sauveur de Ceglio, vivait vers 1160. Il a écrit l’histoire de Roger II , roi de Sicile ( de Rébus gestis Roger ii filii ab anno 1130 tisque ad 1152, librilV), que Dominique de Portonari a publiée à Saragosse en 1578. On la trouve encore dans le tome X du Recueil de Grsevius , dans le tome V de la Collection de Mui»tori, et dans le in’= volume de ÏHispania illustrata, d’André Schott et Pistorius.

Fabricius , Biblioth. latin, méd. et infim. œtatis.

  • ALEXANDRE d’Ashby, en latin Alexander

Essebiensis, prieur du monastère d’Ashby dans le Northamptonshire , vers l’an 1200 de J. -C. Il a laisséplusieurs ouvrages manuscrits, dont Tanner a donné la liste dans sa Bibliotheca Brïtannicohibernica. Dans ces ouvrages , qui mériteraient d’être imprimés, on remarque : Historiée Britannix epitome , cité par Twyne dans Antiquitatis academias Oxoniensis apologia, p. 212;

De fas lis seu sacris diebus, cité par FuUer, Church history, t. H .

Biographical Dictionary.

  • ALEXANDRE de Cautorbéry (en anglais

Canterbury), bénédictin anglais, mort vers 1220. H fut, en 1206, envoyé par le roi Jean pour apaiser le différend qui s’était élevé entre ce roi et le pape. Il répandit ensuite la bulle qui devait excommunier Louis, roi de France, dès que celui-ci mettrait le pied sur le sol anglais. Sa fidélité à son roi devait plus tard lui coûter cher : il fut excommunié par Pandulphe, légat du pape, et privé de ses biens ecclésiastiques. Alexandre a laissé plusieurs ouvrages manuscrits, parmi lesquels on cite : De Ecclesim potestate; De potestate vicaria; De cessatione papatus. Tanner, Biblioth. Brit.-hib. — P lts, De rébus Anglicis.

  • ALEXANDRE de l’Isle, en latin Alexander

Insulanus, chroniqueur, vivait au commencement du treizième siècle. Il était, selon Paullini , moine de Corbie ou Corvey en Westphalie (et non de Corbie en Picardie), et descendait des comtes de Insula ( de l’Isle ), dont le domaine était dans le voisinage de la ville de Hildesheim. Il continua, vers 1210, leBreviarium rerum memorabilium , d’Isibord ab Amelungen , également moine de Corbie. Le manuscrit de cet abrégé ou Breviarium fut confié avec beaucoup d’autres , vers la fin du dix-sqv tième siècle, à Paullini, médecin à Eisenach, qui l’a publié dans les Acta curiosorum naturx, année IV; Nuremberg, 1686, in-4°. Ce-

pendant il crut devoir faire un choix parmi les Choses mémorables qu’avaient recueillies Isibord et Alexandre. Le Breviarium, tel que l’a publié Paullini, contient soixante-six chapitres ou ob-