Page:Homère - Odyssée, traduction Leconte de Lisle, 1893.djvu/415

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homériques.

elles deviennent furieuses et veulent ardemment dire la vérité ; mais quand elles sont privées de la douce nourriture des Dieux, elles tentent de conduire hors du chemin. Je te les donne, interroge-les avec soin et charme ainsi ton esprit ; et, si quelque mortel connu de toi te rencontre, il pourra en croire ton oracle. Prends-les, fils de Maia, ainsi que les bœufs agrestes aux pieds flexibles. Prends soin des chevaux et des mulets patients, et des lions horribles, et des sangliers aux blanches dents, et des chiens, et de toutes les brebis que nourrit la vaste terre. Commande à toutes les brebis, illustre Hermès, et sois le seul messager irrécusable chez Aidès ; et, bien qu’il ne soit point riche, il ne te fera point un pauvre présent.

Ainsi le Roi Apollôn aima le fils de Maia de toute son amitié, et le Kroniôn lui accorda la grâce. Et il se mêle à tous les mortels et à tous les Immortels. Et il vient en aide à un petit nombre, mais il trompe sans cesse, dans la nuit ténébreuse, les races des hommes mortels.

Et ainsi, je te salue, fils de Zeus et de Maia, et je me souviendrai de toi et des autres chants.


HYMNE III.

À Aphroditè.

Muse, dis-moi les travaux d’Aphroditè d’or, de Kypris, qui donna aux Dieux le doux désir, et qui dompta les races des hommes mortels, et les oiseaux aériens, et la multitude des bêtes sauvages que nourrit la terre ferme, et celles que