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HOMÉRIQUES.

Et ils admiraient la beauté de Kythéréiè couronnée de violettes.

Salut, douce comme le miel, aux paupières arrondies ! Donne-moi la victoire dans ce combat, et orne mon chant ! Et moi, je me souviendrai de toi et des autres chants.


HYMNE V.

À Dionysos.

Je ferai souvenir de Dionysos, fils de l’illustre Sémélè, quand il apparut au rivage de la mer stérile, sur un promontoire avancé, semblable à un jeune homme dans la première adolescence. Ses beaux cheveux bleus flottaient, et il avait un manteau pourpré autour de ses épaules robustes.

Voici que, dans leurs nefs aux solides bancs de rameurs, des pirates Tyrrhéniens arrivèrent rapidement sur la noire mer, et une destinée mauvaise les amenait.

Ayant vu Dionysos, ils se firent signe les uns aux autres, et, sautant à terre, ils le saisirent et le déposèrent dans la nef en se réjouissant dans leur cœur. Ils pensaient que c’était un fils de Rois nourrissons de Zeus, et ils voulurent le charger de lourds liens. Mais les liens ne le retinrent pas, et les branches d’osier tombèrent de ses pieds et de ses mains, et il s’assit, souriant de ses yeux bleus. Et dès que le pilote l’eut vu, il commanda aussitôt à ses compagnons et il leur dit :

— Insensés ! Quel est ce Dieu puissant que vous avez saisi et lié ? La nef bien construite ne peut le porter. En