Page:Homère - Odyssée, traduction Leconte de Lisle, 1893.djvu/427

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poupe, autour du pilote plein de sagesse, et ils s’y arrêtèrent épouvantés. Et le lion bondit et saisit le chef ; et tous, pour éviter la noire destinée, sautèrent tous ensemble dans la mer divine, où ils devinrent dauphins. Mais Dionysos eut pitié du pilote, et il le rendit très heureux, et il lui dit :

— Rassure-toi, divin pilote, cher à mon cœur. Je suis le bruyant Dionysos qu’a enfanté une mère Kadméide, Sémélè, s’étant unie d’amour à Zeus.

Salut, fils de Sémélè aux beaux yeux ! Il ne serait point permis à qui t’oublierait d’orner son doux chant.


HYMNE VI.

À Arès.

Très puissant Arès, fardeau des chars, au casque d’or, au grand cœur, porte-bouclier, sauveur de villes, armé d’airain, aux bras vigoureux, infatigable, puissant par ta lance, rempart de l’Olympos, père de l’heureuse guerrière Nikè, auxiliaire de Thémis, tyran des révoltés, chef des hommes justes, porte-sceptre du courage, roulant dans le cercle enflammé de l’Aithèr, parmi les sept astres mouvants, là où tes chevaux flamboyants te portent toujours, au-dessus du troisième orbite ! entends-moi, allié des mortels, qui donnes l’audacieuse jeunesse, qui répands d’en haut la douce lumière et le courage guerrier sur notre vie ! Puissé-je détourner l’amère lâcheté de ma tête, et contenir l’impétuosité trompeuse de l’âme, et réprimer la violence du cœur qui me pousserait à d’horribles combats !