Page:Homère - Odyssée, traduction Séguier, Didot, 1896.djvu/217

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CHANT XI



TROISIÈME RÉCIT :
LA DESCENTE AUX ENFERS

« Après avoir rejoint la plage et le vaisseau,
D’abord aux flots divins nous lançons la carène ;
Ensuite, colloquant le mât et chaque antenne,
Nous faisons embarquer l’offrande du troupeau,
Et nous-mêmes montons, tristes, fondant en larmes.
Derrière le navire à l’avant cérulé
Circé, la dive euphone, au front pétri de charmes,
Expédie un vent tiède, acolyte zélé.
Quand rien ne manque à bord, qu’aucun détail ne souffre,
Nous repartons, guidés par le naute et ce vent.
Les voiles tout le jour se gonflent sur le gouffre,
Mais le soleil décroît, l’ombre va s’élevant.

Ma nef touche aux confins de l’océan immense.
Là des Cimmériens le peuple et les remparts
Gisent ensevelis sous une brume intense.
Jamais vers eux Phœbus ne porte ses regards,
Ni lorsque son char monte à la voûte céleste,
Ni quand en ce bas monde il redescend des cieux.
Sur ces infortunés pèse une nuit funeste.